Les fauteuils et les chaises de la chambre du Comte d'Artois au château de Bagatelle

 

 

 

 

fig.5

  La cheminée en marbre blanc reçut des montants en marbre bleu turquin sculptés en forme de canon (fig. 5). Des chenets à canon et boulets en ornaient le foyer. Une attention particulière fut apportée aux quatre sièges de noyer doré destinés à la pièce pour chacun desquels fut également établie une maquette préliminaire :

"Avoir fait quatre modèles en bois qui sont deux fauteuils et deux chaises" (Archives Nationales, ibidem).

 

  Un premier choix de moire jaune fait en janvier 1778 fut immédiatement remplacé de façon définitive par des étoffes bleu et or qui décideront des couleurs du restant du mobilier. Celui-ci se composait essentiellement d'un très riche lit à colonnes formées de quatre lances enveloppées de branches de laurier tournantes, des deux fauteuils et des deux chaises dont la maquette avait été approuvée, et d'un coffre de maroquin bleu et bronze doré posé sur un piétement à attributs militaires. Les bois en noyer avaient été préparés par Jacob :
    "Deux fauteuils en bois de noyer ; faits à doubles assemblages ; les pieds tournés en entier et des châssis aux dossiers pour recevoir les garnitures ; à 42 livres [chacun, soit] 84 livres". Deux chaises pareilles ; à 30 livres soit 60 [livres]" (Archives Nationales, Papiers des Princes, Apanage d'Artois, R1 321, Extrait du mémoire de Georges Jacob pour 1778).
  Leur dessin était de Bélanger, mais leur véritable créateur - comme pour tous les plus beaux sièges de cette époque - en fut leur sculpteur, dans le cas présent Jean Baptiste Simon Rode, reçu à l'Académie de Saint-Luc en 1766. Le précieux mémoire de son travail pour Bagatelle en donne une description parfaite :

 
  "Avoir fait la sculpture de deux fauteuils (fig. 6), [dont le] détail d'un suit : les deux pieds de derrière sont à quatre lances chaque et petit bouton sur les boules des piques des lances, portant en bas sur un petit soc un champignon, et enveloppé de branches de feuilles de laurier depuis le bas jusqu'en haut, le cintre du fauteuil [est] un faisceau de huit baguettes enveloppé de branches de feuilles de laurier en sautoir, le petit dossier à huit baguettes en faisceau également enveloppé de branches de feuilles, sur les quatre pièces d'assemblage [sont] six baguettes en faisceau d'armes enveloppé de branches de feuilles de laurier faisant partie et contrepartie, à chaque pied de devant une masse faisant console et bas de pied avec quatre flèches portant sur un soc faisant champignon et enveloppé de branches de laurier depuis le bas jusqu'en haut, avec huit petites rosettes sur les quatre socles d'assemblage, le tout fait à la main pour ... la somme de 240 livres. Avoir fait la sculpture de deux chaises, même composition qu'aux fauteuils ci-dessus, pour ... la somme de 230 livres". (Archives Nationales, Papiers des Princes, Apanage d'Artois, R1 321, Extrait du mémoire de Jean-Baptiste-Simon Rode pour les années 1778 et 1779).
 
 


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